La démocratie, nécessaire mais pas suffisante
Publié le 22/03/2011
Que feriez-vous si la majorité des Français devait décider, lors d’un vote régulier, de priver nos concitoyens d’origine nord-africaine de leurs droits civiques, de les exproprier, de les expulser et d’exterminer ceux qui refusent ? Le peuple souverain ne se serait-il pas exprimé ? Sa décision serait-elle démocratiquement contestable ? Non n’est-ce pas ?
Le cas s’est déjà présenté : qui peut ignorer que le national-socialiste Hitler est arrivé au pouvoir par la voie des urnes et que rien de ce qu’il n’a entrepris, y compris les pires horreurs, n’était "illégal" ? Une démocratie, le gouvernement du peuple – ou plus précisément de sa majorité – a accouché d’un monstre totalitaire, un gouvernement omnipotent, d’un État total et, finalement, d’une guerre totale.
Moi je désobéirais – et nous serions sans doute nombreux à le faire. Je refuserais de toutes mes forces cette décision du peuple souverain et m’élèverais contre son application. Et pourtant je suis démocrate et je crois, comme Winston Churchill, que la démocratie est la pire forme de gouvernement à l’exclusion de toutes les autres.
Hayek disait que ce n’est pas la source mais les limitations du pouvoir qui l’empêchent d’être arbitraire. La démocratie, à elle seule, n’est pas suffisante. Nous avons besoin de plus: nous avons besoin d’une démocratie avec des garde-fous qui interdisent à l’État, expression de la majorité, d’attenter à nos libertés les plus fondamentales. Les fondateurs de notre République avaient pleinement conscience de cette nécessité absolue et nous avaient dotés, avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, d’un tel dispositif.
Les idéologies extrêmes et liberticides prolifèrent – des nationaux-socialistes du Front National, aux socialistes du Front de Gauche en passant par les étatistes de l’UMP, du PS, du Modem et de Debout la République. Les français accusent l’économie de marché et la mondialisation d’être responsables de nos maux et – terrible ironie – demandent encore plus d’État pour les protéger. On entend parler de protectionnisme : qui se souvient que c’est précisément les politiques protectionnistes d’avant-guerre qui ont précipité l’Europe dans le bain de sang de la seconde guerre mondiale ? On accuse les étrangers, les capitalistes, les paradis fiscaux et, d’une manière générale, ces autres qui font de si bons boucs émissaires à jeter en pâture à une opinion publique déchainée. Faut-il que l’histoire ne nous ait rien appris ? On surveille internet, on limite la liberté d’expression, on demande des aides à l’État, on met la presse au pas… Les temps de crise sont des périodes dangereuses, propices au son des bottes.
Plus que jamais le « gouvernement omnipotent » de Mises [1] et « la route de la servitude » [2] de Hayek nous alertent sur les dangers totalitaires qui se cachent derrières ces politiques. Plus que jamais nous avons besoin de liberté, d’une véritable et authentique liberté au sens premier du terme : la démocratie et un État limité.
Notes :
[1] Ludwig von Mises, Omnipotent Government: The Rise of Total State and Total War (1944).
[2] Friedrich August von Hayek, The Road to Serfdom (1944).
Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=18071



Exercer sur la minorité les oppressions les plus cruelles...
À bien des égards, la France d’aujourd’hui se trouve dans une situation semblable à celle du Venezuela à la veille de l’entrée en jeu d’Hugo Chávez....
Les socialistes ont perverti les nobles notions de Liberté, Égalité et Fraternité. En tant que tels, ils sont les ennemis de tous les démocrates....
Le patriotisme économique ne peut, à la rigueur, se justifier que lorsque la patrie et l’économie sont sur de bonnes voies....
Au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg s'est vu attribuer le ministère du "redressement productif". Un ministère dont le surprenant intitulé ne dit rien sur la politique qu’entend mener celui qui en a la charge...
Si 2012 suit le chemin de l’irresponsabilité politique et de la fermeture, alors on peut prédire que ce sera une mauvaise année...
C’est la liberté scientifique qui se réduit, la liberté d’expression qui rétrécit...
La situation actuelle des États providence au bord de la faillite est causée par les dysfonctionnements profonds de la démocratie...
je suggère pour votre titre : MA démocratie à MOI
en quoi votre pensée et vos idéaux sont-ils supérieurs à ceux de la majorité des français ?!
Comment peut on se dire démocrate et dans la phrase qui suit dire qu'on ne respectera pas le choix du peuple ?
en quoi vous pensez 'mieux' que les autres ?
Je suis pour la peine de mort. l'Etat est contre. Qu est ce que je fais ?
si je suis votre raisonnement, demain je vais tuer le 1er pédophile que je rencontre.
Et pour justifier le fait qu'on n'écoute pas le peuple, on nous ressort Hitler et les Nazis.
grandioze
Si les résultats des élections ne vous conviennent pas, faites comme moi, quittez le pays. Mais ne demandez à la majorité de vous laisser faire comme vous le souhaitez.
Oh, et comme destination, je vois que vous aimez l Afrique du nord, je vous conseille l'Algérie, une démocratie avec tout plein de "garde fou" comme vous dîtes ! plein de contre pouvoir à ces idiots de 'citoyens' qui votent pas comme il faut.
Clairement, romain, vous n'avez absolument rien compris aux propos de Georges Kaplan.
Kaplan ne rejette pas la démocratie. Il rappelle que celle-ci ne suffit pas. Et il rappelle que oui, effectivement, il existe des droits fondamentaux que même la majorité des électeurs ne peuvent violer. Donc, si le "peuple" décide par un vote majoritaire de violer les droits naturels, élémentaires et inaliénables d'une minorité de la population, oui, on est parfaitement légitimé à n'être pas d'accord avec le résultat du vote, et, oui, on est parfaitement légitimé à résister à cette décision tyrannique, même si majoritaire. Oui, le droit est supérieur aux idées de la majorité des Français et si cette majorité ne respecte pas le Droit naturel, elle peut aller se faire foutre et, elle, quitter le pays.
En résumé, Kaplan rappelle que la démocratie en soi n'est une garantie de rien du tout et que ce système doit être encadré par une stricte limitation des compétences accordées à l'État pour s'immiscer dans la vie des gens et doit être pleinement respectueux des droits individuels des citoyens.
Romain vous faites dans l'absolutisme démocratique. La démocratie a été mise en place comme un système parmi d'autres pour que les libertés fondamentales et les droits naturels soient respectés. N'oubliez pas cela, la démocratie n'est pas le but, c'est un moyen -et celui qui a le moins mal marché en général-.
Pour cela que tous les pays se dotent d'une constitution ou de textes d'engagement où pas seulement on rappelle le fonctionnement de l'Etat et du système démocratique, mais avant tout cela on rappelle (de manière vague et imparfaite certe) les droits et les libertés de chaque individu. Et l'affirmation de ces droits priment sur les bêtises qui peuvent sortir du suffrage universel ou du vote de nos représentants.
Cette idée, oui, est supérieure, je crois qu'en principe tout le monde est d'accord quand on rappelle que nous avons des droits. Si une décision ne nous plait pas, je crois que l'on a encore le droit d'exprimer son mécontentement et de militer pour son abrogation, personne n'a parlé de tuer je crois qu'il n'est pas utile de rappeler que tuer va à l'encontre des droits les plus fondamentaux, donc stop à l'homme de paille. Quant à la désobéïssance, si vous pouvez vous le permettre pas moi, mais bien des fois des lois ne s'appliquent pas c'était donc qu'elles étaient inutiles, stupides et n'avaient pas le l'accord du peuple.
L'émigration est une possibilité, une forme de contestation, une manière de dire raz-le-bol et de se soulager, mais bien peu de monde peut se le permettre.
Que doit-on faire si on ne peut émigrer et si on n'a pas le droit non plus de ne pas être d'accord avec la majorité? Se taire? Elle est belle la démocratie à la Romain, en tout cas je n'aimerais pas y vivre et préfère 1000 fois celle de Georges Kaplan. Ta démocratie consiste à abrutir l'individu qui doit se plier
l'idiot du village va essayer de répondre:
Ce que l'auteur écrit...
"Moi je désobéirais – et nous serions sans doute nombreux à le faire. Je refuserais de toutes mes forces cette décision du peuple souverain et m’élèverais contre son application. Et pourtant je suis démocrate"
...est purement choquant !
Vous voulez qu'il y ait des droits fondamentaux inviolables que même le peuple ne puisse pas revenir dessus.
Et qui décide de ce qui est inviolable ? Et là, badaboom, on retombe dans la situation où l'Etat pense pour le peuple, Je pensais bêtement (encore une fois) que l'Etat c'était le peuple, et pas 20 mecs 'tout là haut' qui décident ce qui est bon et ce qui est mal ! Des hommes de vertu certainement...
Votre vision part du principe que l'Homme est profondément débile. Et que des personnes éclairées doivent penser pour lui, lui mettre des limites.
un peu comme des gosses dans une cour de récré: "t'es gentil tu vas jouer mais tu passes pas la barrière".
Je considère que votre façon de voir, c'est de l'asservissement d'une majorité par une minorité !
"...des droits fondamentaux inviolables que même le peuple ne puisse pas revenir dessus."
Oui. Exactement. C'est élémentaire. Le B A BA du Droit naturel et le fondement de tout droit constitutionnel digne de ce nom.
Et, justement, l'article indique bien le danger que représente un système démocratique qui violerait ces droits fondamentaux et inaliénables et imposerait la tyrannie de la majorité.
Donc, si une majorité de la population décidait de violer les droits fondamentaux d'une minorité - par exemple, spolier de leurs biens les étrangers -, les gens de bien seraient parfaitement légitimés à refuser cette décision du "peuple souverain" et à s'élever contre son application.
"Et qui décide de ce qui est inviolable ?"
Personne ne le décide. Le Droit naturel se dégage simplement de la Loi naturelle. Personne n'a jamais décidé que la vie, la liberté, la propriété ou la sûreté étaient des droits naturels fondamentaux et inaliénables. On constate simplement qu'aucune société ne peut survivre pacifiquement si ne sont pas protégés ces droits fondamentaux auxquels on ne peut renoncer par un vote majoritaire.
Alors petit rappel :
"Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur." (Déclaration d'indépendance des États-Unis)
"Les Représentans du Peuple François, constitués en Assemblée Nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernemens, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solemnelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant à chaque instant être comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des Citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous." (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen)
"Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme." (Déclaration universelle des Droits de l’Homme)
romain,
La démocratie et la légitimité du pouvoir c’est l’excuse qu’ont avancé les cadres nazis à Nuremberg. Effectivement, on peut choisir de fuir, on peut aussi choisir de se battre pour ses idées ou on peut choisir d'obéir. Mais ce planquer derrière « le choix du peuple » pour justifier l’injustifiable c’est – au mieux – de la lâcheté.
Tu ne cede malis sed contra audentior ito.
En voilà bien un homme de paille à la con.
Depuis quand être membre d'un parti politique ou être éligible est un droit de l'homme ou une liberté individuelle fondamentale ? Donc, on peut parfaitement concevoir que les fonctionnaires, tant qu'ils sont en poste, ne peuvent être membre d'un parti politique ou devenir éligible, dans une optique de lutte contre les conflits d'intérêts. De la même manière que les militaires un peu partout dans le monde démocratique ne peuvent se lancer en politique ou fonder un syndicat militaire.
Même réponse que Lucilio.
La liberté d'opinion, de réunion, etc. sont bien des droits fondamentaux que ne peut violer l'État dans la vie privée des gens. Par contre, devenir fonctionnaire de l'État n'est pas un droit de l'homme, ni une liberté fondamentale. Donc, on peut parfaitement établir que l'État limite la liberté d'expression, de réunion, d'association, etc. des fonctionnaires. C'est bien le cas pour les militaires (et personne ne hurle à la violation de leurs droits, dès lors qu'être miltaire n'est pas un droit de l'homme). Par ailleurs, les fonctionnaires sont bien tenus à un droit de réserve et ne peuvent donc s'exprimer librement. On peut parfaitement concevoir, dans une optique plus large de lutte contre les conflits d'intérêt (qui sont chaque jour démontrés par l'expérience) que les fonctionnaires ne puissent être éligibles tant qu'ils sont en poste ou être membres d'un syndicat. Par ailleurs, même dans ce cas, le fonctionnaire pourrait toujours prendre part à la direction des affaires de son pays en élisant librement son représentant.
"Ben non, en tout cas pas sans dénoncer la DUDH..."
Ben si, on le fait déjà maintenant avec les militaires qui ne peuvent pas être éligibles dans la plupart des démocraties, ni militer politiquement, ni établir un syndicat militaire et les fonctionnaires qui sont tenus à un devoir de réserve, c'est-à-dire fermer sa grande jatte dans l'exercice des fonctions. Et dans d'autres pays démocratiques, les fonctionnaires sont soumis à encore plus de limitations, notament concernant l'éligibilité.
"Les militaires français restent éligibles..."
En France oui, mais pas dans la majorité des démocraties occidentales. Sinon, les militaires français n'ont pas le droit d'adhérer à des groupements ou à des associations à caractère politique.
"...et ont une représentation professionnelle..."
Non, ils ne peuvent se constituer en syndicats professionnels ou adhérer à des groupements professionnels, ni faire grève.
"...pouvoir postuler à un poste de fonctionnaire en est un..."
Cela veut simplement dire que l'on ne peut empêcher quiconque d'accéder à la fonction publique dès lors que les conditions requises valables pour tous sont remplies et que les critères d'excercice sont respectés. Donc, l'État ne peut sans motif valable, en violant l'égalité devant la loi, refuser l'accès à la fonction publique, mais peut parfaitement limiter les droits de ceux qui décident librement d'intégrer la focntion publique.
Et les militaires ne sont pas éligibles en Grande-Bretagne. Même chose en Belgique et en Espagne. Au Portugal, ils ne peuvent l'être qu'avec une autorisation spéciale et sans représenter un parti. Aux Pays-bas, un militaire élu est mis en disponibilité et passe en non-activité. Même chose en Italie, en Allemagne. Etc.
Que je sache, être fonctionnaire n'a rien d'un droit de l'Homme, d'une liberté fondamentale (nonobstant le 21-2), alors il est où, le problème ?
Il faut lire la DUDH en entier :
Article 29 - L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
Les droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
C'est-à-dire que la DUDH reconnaît que la loi peut restreindre certaines libertés dans l’intérêt général. Donc, une réglementation restrictive peut être mise en place dans certaines circonstances. Elle peut porter sur la liberté d’aller et venir, le droit à l’intégrité physique (la vaccination obligatoire, par exmple), le droit à la sûreté (contrôles d’identité, détention provisoire), les conditions d'exercice de fonctions publiques, de conditions d'éligibilité, etc.
Au passage, un petit rappel juridique : la DUDH n'a qu'une valeur déclarative et aucune portée juridique en droit français.
"Bien entendu, et ca s’est retrouvé dans l’article 34 de la constitution (la loi distingue le cas de la fonction publique et des forces armées)."
Ah !? Faut-il comprendre que les militaires ne sont pas des êters humains. Et que l'on peut donc leur interdire de militer politiquement, de se syndiquer ou de faire grève ? Faut-il comprendre qu'un étranger n'est pas un être humain.Et n'a donc pas le droit de devenir fonctionnaire ni d'être éligible en France ?
Doonc, bis repetita, dans son article 29 la DUDH - en plus du fait qu'elle n'est pas obligatoire en en droit - reconnaît parfaitement le droit à l'État de réduire - de manière égale et on discriminatoire - certains droits ou libertés.
"Comme je l’ai souligné, le pouvoir des militaires fait « panpan », et pas « tous ensemble tous ensemble tous »."
Et donc, ce ne sont plus des êtres humains ? Ils ne sont plus couverts par le DUDH ?
"Et l’on peut aisément imaginer un argumentaire crédible motivant la limitation de leur action politique au nom de l’ordre public."
Tout aussi crédible que l'argumentation selon laquelle un fonctionnaire ne pourrait être éligible pour des raisons évidentes de conflits d'intérêts.
"En l’occurrence, les gouvernants ici tentent de limiter le pouvoir de personnes qui pourraient retourner leurs armes contre eux..."
Parce qu'empêcher un militaire d'être élu au Sénat l'empêchera de fomenter un coup d'État ? C'est à quel moment que l'on rigole ? Le Tejero, il était militaire dans un pays où il ne pouvait pas être élu. Ça l'a gêné longtemps pour faire tirailler dans les Cortes ?
Quant à l'argumentation qui plaiderait en faveur de l'inégibilité d'un fonctionnaire, elle est des plus simples, basiques, élémentaires et parfaitement respectueuse de l'idée démocratique et du principe de la séparation des pouvoirs : une personne qui est soumise à l'exécutif et doit obéissance au gouvernement ne peut être un membre d'une assemblée législative. Et c'est bien ce qui se passe, par exemple, au Canada.
Et donc, la conclusion logique, c'est qu'il est interdit à un citoyen d'être fonctionnaire (par contre, il peut être magistrat). Rien de grave, des endroits très fréquentables ont déjà fonctionné comme ça.
De fait, ce genre de sale boulot, ce serait mieux de le laisser aux travailleurs immigrés.
La loi sur le Parlement du Canada (dans sa section sur les conflits d'intérêts) stipule que toute personne qui accepte ou exerce une charge, une commission ou un emploi au service du gouvernement auxquels sont attachés un traitement et/ou des avantages est inéligible. Même chose pour toute personne liée par contrat au gouvernement.
Très bon article. Cependant pour aller plus loin, interrogeons nous sur le meilleur moyen de garantir le droit naturel des individus.
Personnellement, je suis plutôt d'avis que c'est le rôle d'une constitution, une bonne constitution ayant pour objectif de garantir les libertés individuelles et les droits fondamentaux, et d'organiser des contre-pouvoirs forts pour limiter la capacité de nuisance des gouvernants (vision pas très française, puisque pour les politiciens de notre charmant pays, une constitution a pour vocation de permettre de gouverner "efficacement").
Cependant, on m'a déjà reproché d'avoir une vision naïve sur ce point, et qu'après tout, la constitution américaine est systématiquement violée (en même temps, elle a tout de même empêché les US de sombrer dans le totalitarisme, notamment sous Roosevelt). Dans cette optique là, le droit de porter des armes n'est il pas le meilleur moyen de maintenir un contre-pouvoir face au monopole de la violence légal de l'état si celui-ci en abuse? Personnellement, je n'aime pas trop cette idée et beaucoup de dérives sont possibles (coups d'état, développement de groupuscule fascistes...).
Qu'en pensez vous?
"...interrogeons nous sur le meilleur moyen de garantir le droit naturel des individus. Personnellement, je suis plutôt d’avis que c’est le rôle d’une constitution..."
Une constitution, certes. Mais aussi des mesures bien techniques qui pourront freiner au maximum l'ardeur des gens qui se mettent en politique à vouloir grossir le Leviathan.
Par exemple, comme c'était prévu dans la constitution belge de 1831 (et cela n'a toujours pas été aboli), la gratuité des mandats politiques. Que les parlementaires ne reçoivent pas un rond de l'État, qu'ils se fassent payer par leurs électeurs ou leur parti ou leurs sponsors ou qu'ils travailent dans la vraie vie. Cela devrait suffire pour réduire au maximum la diarrhée législative qui envahit tous les aspects de la vie des gens.
Ensuite, on pourrait concevoir qu'un loi soit adoptée ou abrogée selon d'autres mode que la simple majorité. Ainsi, on pourrait établir qu'une loi, pour être adoptée, recueille les 2/3 des suffrages et, a contrario, qu'une loi soit abrogée dès que 1/3 des suffrages sont réunis pour son élimination.
Comme le rappelait Bruno Leoni, le problème n'est pas tant la source de la loi et sa légitimité démocratique, mais bien le fait que l'on laisse un système majoritaire s'occuper de tout et n'importe quoi. Avec tous les abus et les dérives que l'on connait depuis des décennies.
C'est pas mal en apparence, mais si les élus vivent entièrement de leurs électeurs ou de leurs sponsors, la corruption, le conflit d'intérêt et le lobbying deviendront endémiques.
1° La corruption généralisée et le lobbying forcéné existent déjà aujourd'hui. Difficile de croire que cela puisse être pire que ce que l'on connaît déjà.
2° Les choses auraient l'avantage d'être claires avec les cartes posées sur la table.
Donc, cela ne pourrait être plus grave qu'aujourd'hui. En revanche, 1° les représentants travailleraient réeelement pour l'intérêt de leurs électeurs et seront forcés de tenir leurs promesses , 2° quand il y aura beaucoup moins de thunes à se faire comme politiciens qu'aujourd'hui, on peut s'attendre à ce que les salopards et autres vermines que nous connaissons aujourd'hui dégagent du paysage.
Bien sûr que ça sera pire, regarde les pays du tiers-monde, on a encore du chemin pour que le niveau de corruption atteigne le leur
D'autre part, voter les lois qui arrangent les lobbys qui en échange paient une somme, rien ne porte pas à croire que les politiciens travailleront enfin pour l'intérêt général mais bien au contraire pour des intérêts particuliers (associations, capitalisme d'Etat, syndicats etc..), il en résultera une dictature des minorités et une inflation législative.
Ensuite, si les hommes politiques ne touchent rien pour leurs responsabilités d'élus, il y a fort à parier qu'ils chercheront davantage que maintenant à toucher des intérêts en nature, lors des appels d'offres sur les marchés publics notamment, ce qui accélérera la gabegie actuelle.
"Bien sûr que ça sera pire..."
L'expérience historique montre le contraire. Compare avec la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, les USA du 19e siècle ou du début du 20e où les parlementaires recevaient peanuts ou nada.
"D’autre part, voter les lois qui arrangent les lobbys qui en échange paient une somme, rien ne porte pas à croire que les politiciens travailleront enfin pour l’intérêt général..."
Euuuhhh... tu me rappelles encore c'est quoi "l'intérêt général"... et pourquoi je devrais voter pour un mec qui favoriserait plutôt ce curieux "intérêt général" plutôt que mes propres intérêts... enfin, explique-moi pourquoi une loi votée par une majorités de représentants qui essaient de satisfaire les intérêts de leurs électeurs irait à l'encontre de ce mystérieux "intérêt général".
"...il en résultera une dictature des minorités et une inflation législative."
Encore une fois, l'Histoire te donne tort : quand les élus n'étaient pas ou très peu rémunérés par les fonds publics, le travail législatif restait limité et sans commune mesure avec la diarrhée législative actuelle.
Parce que le 19ème siècle était un autre contexte, la social-démocratie bien moins avancée, la même chose aujourd'hui on est foutu. Un politicien qui touche de syndicats en échange lui accordera davantage de prébendes, le système de non-rémunération va accélérer la subventionnite.
Note que je ne dis pas que le système actuel est parfait, loin de là, mais jene vois pas comment par magie leur supprimer la rémunération va réduire la diarrhée législative.
Et même, la politique deviendrait un négoce rentable, les vermines qui nous gouvernent actuellement n'iraient absolument pas s'occuper de leurs affaires mais profiteraient de cette ouverture pour s'enrichir davantage. Demain la SNCF t'accorde 100.000 euros/mois pour empêcher de libéraliser le marché+ un bonus en cas de réussite, ben t'es le client de la SNCF tu l'as dans les fesses, car toi tu n'as pas assez d'argent pour faire la même chose, bref la loi irait dans le sens des plus influents, plus ou autant qu'actuellement. La politique cesserait de devenir un rôle de représentation mais deviendrait un business rentable, et ce, sur le dos de ceux qui ne sont pas organisés (note que c'est déjà le cas actuellement mais ce serait pire).
"Parce que le 19ème siècle était un autre contexte..."
Sauf que, comme par le plus grand des hasards, la social-démocratie s'installe et la diarrhée législative se développe justement quand les politiciens se professionnalisent et bouffent aux râteliers de l'État.
"Note que je ne dis pas que le système actuel est parfait, loin de là, mais jene vois pas comment par magie leur supprimer la rémunération va réduire la diarrhée législative. "
Ah mais il n'y a pas que ça, mais aussi, comme je l'ai signalé, le changement de mode de vote, de la majorité simple à la majorité qualifiée des 2/3 ou l'abrogation des lois à 1/3 des suffrages (considérant qu'une lmoi que ne veulent pas 1/3 des gens est une mauvaise loi). De même que l'interdiction faite au législatif de s'occuper de tout et n'importe quoi. On pourrait même retirer le législatif aux chambres et le filer à l'exécutif, ne conservant aux chambres qu'un travail de contrôle, de censure de l'exécutif ainsi que l'autorisation de dépenses accordée au gouvernement. Cela rendrait ainsi aux chambres leur vrai rôle de contre-pouvoir à la place de l'actuel, simple lieu d'enregistrement.
Bon c'est à voir pour la non-rémunération.
Pour le reste, tous ces mécanismes peuvent aider, de même que la démocratie directe, un pouvoir judiciaire élu parmi des juges compétents et non nommé par l'exécutif etc...Et +1 pour l'inélégibilité des fonctionnaires
"Transparency International estime pour sa part que 152 pays sur 178 ont un « indice de perception de la corruption » pire que le notre."
Pour la même raison multipliée de manière exponentielle : les gens entrent y en politique ou dans la fonction publique pour vivre aux crochets d'autrui, pas pour rendre service. Donc, une bonne manière pour commencer à réduire cette corruption serait déjà d'éliminer la rémunération publique des mandats politiques (on ne parle pas des fonctionnaires ici).
De la même manière que les permanents syndicaux sont payés par les syndiqués : pour défendre les intérêts de ces derniers.
"Ah, donc, si j’ai été élu grace au soutien financier d’un pétrolier..."
On n'est pas élu par le soutien financier d'un pétrolier, on est élu par des électeurs. Et le moyen le plus simple aujourd'hui, c'est d'être élu par un maximum de personnes à qui l'on promet sous une forme ou une autre qui une allocation, qui un subside de l'État en échange de son vote.
"...il sera naturel et compréhensible qu’il subvienne à mes besoins. En l’échange, je lui accorderai à lui une concessions d’extraction de gaz de schiste, mais pas à son concurrent, ce salopard qui a soutenu le candidat adverse."
Vraiment le genre de chose que l'on ne voit pas de nos jours.
Mon avis est que jamais les 3 pouvoirs ont été séparés dans un aucun pays:
Par exemple, aux Etats-Unis, au sein du législatif, le sénat et la chambre des représentants sont souvent du même bord politique, aucun ne contre-balance l'autre. En période de cohabitation, l'exécutif -le président- a un droit de véto mais il serait mal vu de l'utiliser ou il peut chercher à négocier avec le parti adverse, tu acceptes ma loi et j'accepte la tienne, chercher à séduire la chambre des représentants pour approuver sa proposition de loi. D'autre part, l'administration fédérale et locale a pris un pouvoir démesurée.
En France, le pouvoir législatif est inexistant face au pouvoir exécutif. Les deux élections ont lieu au même moment tous les 5 ans, les élections législatives ne sont là que pour donner les instruments nécessaires au président pour appliquer son programme. L'assemblée nationale est une chambre d'enregistrement, le premier ministre un adjoint, et le sénat aux mains des baronnies locales. Quant au pouvoir judiciaire il est entièrement dépendant des deux autres.
En Grande-Bretagne ou en Espagne, le chef de l'Etat (le monarque) n'a pas de rôle décisif, son rôle direct a été délégitimé puisque non-élu, il s'en tient à un rôle de représentation et non de contre-pouvoir. Le gouvernement est issu du parlement dans lequel il est majoritaire, la chambre des lords et le sénat en Espagne n'ont pas de rôle majeur. Bref le parlement est une chambre d'enregistrement, il était censé contrôler le gouvernement c'est lui qui est manipulé. Si un parti n'a pas la majorité absolue, commence le bal des hypocrites et la dictature des partis. Les élections ont lieu beaucoup trop régulièrement, ce qui incite à l'inflation de promesses électorales.
Il faut revoir tout ça, lire Hayek à ce propos.
Tocqueville l'avait déjà remarqué : le peuple est le pouvoir ultime, quand c'est lui qui détient le pouvoir il n'y a aucun contre-pouvoir capable de s'opposer à lui. Pour que l'ensemble marche sans que le peuple écrase tout ce qui dépasse, il faut que le peuple soit uni sur l'essentiel (ultra-minimal : les frontières extérieures, un respect mutuel, le socle "droits de l'Homme" ; et c'est à peu près tout) et divisé à mort sur tout le reste (y compris langue, religion etc.). La suisse se rapproche bien de ça ; on peut éventuellement ajouter les USA, voire la GB.