Point sur les révoltes au Moyen-Orient

Publié Par Contrepoints, le dans Non classé

États des lieux des manifestations sans précédents au Maghreb au Moyen-Orient.

En Libye, les forces loyales à Kadhafi ont tiré sur des manifestants à Tripoli faisant au moins deux morts, après la prise de contrôle de l’est du pays par l’opposition. La révolte s’étend désormais de l’ouest de Tripoli à Benghazi, à 1.000 km à l’est, dans des villes côtières ou proches des côtes de la Méditerranée. Alors que la région orientale pétrolifère est aux mains de l’opposition armée, les forces pro-Kadhafi, déployées autour de mosquées pour empêcher les protestations, ont tiré sur des manifestants notamment à la sortie des prières, selon les témoins.

Le Yémen a connu des marches massives voulues comme « le début de la fin » du régime d’Ali Abdallah Saleh. Les organisateurs ont affirmé avoir réuni 100.000 manifestants dans la capitale Sanaa et plusieurs centaines de milliers à Taez, dans le sud. Deux défilés à Aden ont donné lieu à des affrontements avec la police : deux personnes ont été blessées par des tirs et des grenades lacrymogènes lors de la première marche, tandis que sept autres ont été blessées lors de la dispersion d’une autre colonne de marcheurs, selon des témoins et sources médicales.

Des cortèges de manifestants ont envahi les rues de Manama, capitale du Bahreïn, à l’appel de religieux chiites, et exigé de nouveau des réformes politiques, au douzième jour d’une contestation qui ne faiblit pas. Aucune estimation officielle de la mobilisation de vendredi, jour de prières, n’était disponible mais les voies conduisant à la place de la Perle, épicentre de la contestation, ont été bloquées par des dizaines de milliers de protestataires.

En Irak, sept personnes ont été tuées dans des heurts avec la police, au moment où des milliers d’Irakiens étaient descendus dans les rues pour une « Journée de colère » contre le gouvernement. Des affrontements ont éclaté à Hawija, au nord de Bagdad, et à Mossoul, où sept manifestants ont été tués par balles. Quelque 5.000 manifestants étaient rassemblés dans la place rebaptisée Tahrir à Bagdad.

Plus de 100.000 Tunisiens ont réclamé le départ du gouvernement de Mohammed Ghannouchi, devant la Kasbah, épicentre de la contestation, où de nouveaux cortèges de manifestants affluaient encore en début d’après-midi. Il s’agit de la plus grande manifestation depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier.

Des milliers d’Égyptiens se sont rassemblés place Tahrir au Caire pour célébrer la révolution mais aussi réclamer un gouvernement de technocrates et exiger le départ du Premier ministre Ahmad Chafic et de son gouvernement.

Les autorités algériennes ont levé comme promis l’état d’urgence décrété il y a 19 ans, mais l’opposition reste déterminée à mener une nouvelle manifestation samedi pour un changement de régime. L’un des principaux dirigeants de l’opposition, Said Sadi, qui préside le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie a qualifié cette mesure de manœuvre et promet des marches toutes les semaines.

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