Tableau de bord de l’emploi public

Publié Par Contrepoints, le dans Fonction publique

Suite à la crise de la dette souveraine européenne, le débat sur le poids de l’administration dans l’économie des pays est de nouveau devenu un centre intérêt des gens. À l’heure actuelle, selon les économistes du Centre d’analyse stratégique – lorsqu’ils ont comparé le poids de l’emploi public en France à celui de plusieurs pays de l’OCDE –, l’emploi public représente 12 % du PIB en France, contre 7 % en Allemagne. En France, le nombre de fonctionnaires pour 1.000 habitants en 2008 était comparable à celui du Royaume-Uni mais supérieur aux chiffres de l’Allemagne, qui est de 50 emplois publics pour 1.000 habitants. Par ailleurs, le niveau de l’emploi public en France est également supérieur à celui du Portugal, de l’Espagne, des Pays-Bas et de l’Italie.

Structure et répartition des emplois publics

Alors que le Danemark et la Norvège présentent des taux d’administration proches de 160 emplois publics pour 1.000 habitants, ce taux se situe à un peu plus de 40 pour 1.000 au Japon et à 50 pour 1.000 en Allemagne. La France, avec près de 90 emplois publics pour 1.000 habitants, se place dans une position intermédiaire haute comme le Royaume-Uni. Par ailleurs, tandis que l’emploi public représente autour de 15 % de l’emploi total dans la plupart des pays de l’OCDE, la France se distingue clairement avec près de 22 %, juste derrière la Finlande (24 %), le Danemark (29 %), la Suède (29 %) et la Norvège (30 %).

Les dépenses de rémunération du personnel varient de 3,5 % du PIB au Japon à 12,5 % aux Pays-Bas, soit près de 4 fois plus. En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les dépenses de rémunération du personnel représentent entre 10 % et 12 % du PIB.

Il apparaît que la France a relativement peu recours à la sous-traitance (moins de 5 % du PIB) contrairement aux pays anglo-saxons (9 % du PIB aux États-Unis et au Canada, plus de 12 % au Royaume-Uni) ou aux pays nordiques (9 % en Finlande, en Suède et au Danemark mais seulement 6 % en Norvège). En revanche, en France, les transferts en nature apparaissent relativement importants (6 % du PIB), juste derrière le Japon (6,5 %), la Belgique (7,5 %), l’Allemagne (7,5 %) et les Pays-Bas (10 %). Une fois considérées les dépenses indirectes de personnel, les dépenses directes et indirectes de personnel varient de 15 % du PIB au Luxembourg à 28 % au Danemark, soit moins du double (23,5 % pour la France).

La France présente un profil identique à la plupart des pays de l’OCDE avec 31 % des rémunérations publiques versées à l’éducation ; 18 % à la santé ; 10 % à la protection sociale ; 8 % à la défense et 5 % à l’ordre et la sécurité. De même, la France présente un profil similaire à celui de la plupart des pays de l’OCDE avec 52 % des rémunérations publiques versées assurés au niveau central, 25 % au niveau local, 23 % par les administrations de sécurité sociale.

Éducation

Que ce soit pour 1.000 habitants ou pour 100 étudiants, la France se situe généralement dans la moyenne (respectivement 30 ‰ et 12 %) contrairement à des pays comme le Japon qui consacre relativement peu de moyens humains à l’éducation (respectivement 15 ‰ et 8 %), ou encore le Danemark, le Royaume-Uni ou la Suède qui mobilisent au contraire des moyens considérables (respectivement entre 35 ‰ et 50 ‰ et entre 15 % et 20 %).

En France comme dans la plupart des pays de l’OCDE, près de 95 % du personnel dans l’éducation est financé sur fonds publics. Et comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les enseignants représentent plus de 50 % du personnel.

Santé et action sociale

La France se place en position intermédiaire avec 50 agents pour 1.000 habitants comme l’Allemagne, l’Irlande et, dans une moindre mesure, les États-Unis et le Canada.

En revanche, avec seulement 40 soignants pour 1.000 habitants, la France apparaît comme le seul pays de l’OCDE où les administratifs sont aussi importants (20 % de l’emploi total dans la santé).

Avec près de 20 agents hospitaliers pour 1.000 habitants, la France se positionne juste derrière la

Norvège et le Royaume-Uni et apparaît comme le pays où le personnel hospitalier représente une part si importante (50 % de personnel soignant).

La France se situe à nouveau en position intermédiaire avec des dépenses (publiques et privées) de santé à hauteur de 11 % du PIB et un financement public de près de 80 % de ces dépenses. La France se situe dans la moyenne haute avec 15 emplois publics de santé pour 1.000 habitants.

Protection sociale

Comme l’Allemagne ou le Portugal, la France présente un taux d’administration de plus de 8 emplois publics pour 1.000 habitants, niveau relativement faible par rapport à celui des pays nordiques.

En France, le taux d’administration dans la protection sociale est 3 fois moins important que dans l’éducation et 5 fois moins que dans la santé. Il se situe à un niveau très proche de celui de l’Allemagne et du Portugal.

L’essentiel des moyens humains de protection sociale est concentré sur trois principaux risques : maladie/invalidité, famille/enfants, vieillesse, qui mobilisent partout plus de 70 % des emplois publics de protection sociale.

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  1. L’actualité parle pour moi : regardez le comportement des élus auxquels nous sommes livrés par la loi : http://www.youtube.com/watch?v=-pCv9qZuvlM des gens bornés, qui se prennent pour des shérifs, et qui ne supportent pas la moindre contrariété de la part du « citoyen lambda » : les mots du maire sont clairs : « c’est moi qui fait la loi », suivi du choeur des conseillers « on s’en fout ». Il est temps aussi de révolutionner cette situation insupportable dans « la France d’en bas », livrée au joug de représentants de l’état incultes, qui se transmettent les avantages dans ces villages de moins de 1000 habitants qu’ils maintiennent sousune domination psychologique digne du féodalisme du moyen-âge, muselant tout citoyen qui se permet de donner un avis divergent. Un maire de village de moins de 1.000 habitants perçoit tout de même 1.154€ d’indemnités par mois, ses adjoints 307€. Un maire d’une commune de moins de 500 habitants perçoit 633€ et ses adjoints 246€. Ces élus se comportent en « propriétaires terriens » du village et les maintiennent en-dehors du cours normal de l’évolution nationale pour le simple but de maintenir leurs petits privilèges et leur jouissance de pouvoir absolu sur la population soumise. Alors que des maires de communes plus « métropolitaines » comprenant entre 1.000 et 10.000 hab. pourraient très bien absorber ces équipes étatiques villageoises, le contribuable dépense pour ces maires et adjoints arrogants de quelques centaines d’âmes, env. 28.468.000€/mois, soitenv. 342.000.000/an !!
    Devons-nous recevoir des leçons de chute de « dictatures campagnardes » de nos concitoyens arabes, ou sommes-nous assez conscients pour l’entreprendre de notre propre initiative ? Début sur Facebook La voix citoyenne.

    1. « livrée au joug de représentants de l’état incultes, qui se transmettent les avantages dans ces villages de moins de 1000 habitants qu’ils maintiennent sousune domination psychologique digne du féodalisme du moyen-âge, muselant tout citoyen qui se permet de donner un avis divergent.  »

      N’importe quoi… Alors vous vous voyez une vidéo problématique, et vous généralisez directement aux dizaines de milliers de villages français ? Ce n’est pas la rationnalité qui vous étouffe…

  2. Moi qui pensais que nous croulions sous l’administration publique, je suis assez surpris de ces résultats… Comment les pays du nord font ils pour retrouver une croissance avec une fonction publique aussi importante ???

    1. La Suède fait un cumul: haute protection sociale et… régime économique libéral. Donc marché du travail hautement dynamisé, protection de l’emploi faible, le tout en échange de bonnes aides pour ceux qui perdent leur emploi, le temps qu’ils retrouvent un boulot.

      Une solution intelligente qui a l’air de marcher… chez eux. Inapplicable en France. La bas les gens ont le « bon » esprit et jouent le jeu. En France, je serais beaucoup moins confiant sur la capacité des gens à ne pas se laisser bercer par les aides…

      Ceci dit, je plussoie: ces stats sont étonnantes. Dans un sens, ça donnerait presque l’impression que c’est une question de culture générale bien plus que de modèle économique. Même en connaissant déjà ces différences, c’est à la fois étonnant et déprimant de les constater sans cesse (déprimant parce qu’on finit par se demander si on arrivera à évoluer un jour…)

      1. Oui c’est ce qui me semblait.

        Je ne suis pas aussi pessimiste sur nos compatriotes. Je pense que nous sommes confrontés à un système qui ne peut tout simplement pas se réformer de l’intérieur dans la mesure où les fonctionnaires sont partout : a la tête de nos grandes entreprises, dans la fonction publique bien entendu mais aussi majoritaires en politiques. Combien de députés sont fonctionnaires ???

        Tant qu’on n’acceptera pas l’idée qu’il faut refuser de voter pour le moindre fonctionnaire, et ce quelle que soit l’offre ou la qualité de l’individu nous n’arriverons pas à les sortir des partis et donc à faire rentrer les bonnes personnes en politique. ET c’est vrai en particulier à l’assemblée nationale parce que c’est l’espace où devrait se situer le débat politique d’une part et d’autre part c’est là que se joue le financement des partis.

        Il serait opportun de lancer une campagne dans ce sens aux prochaines législatives. Il faut que les fonctionnaires se retrouvent très minoritaires à l’assemblée, c’est là que tout se joue. C’est là en tout cas que la démocratie s’y joue !