CGT : la Firme

Publié Par Aurélien Véron, le dans Syndicalisme

Les Français se plaignent des hausses du prix du gaz et de l’électricité, ce qui permet aux médias de sortir ce sujet régulièrement sans insister sur le fait qu’un monopole aboutit forcément à du racket des clients captifs. Ce qu’ils ne savent pas, et ce sur quoi les médias ne s’appesantissent pas vraiment, c’est que depuis leur naissance, les Français surpayent tous leur facture EdF/GdF de 1 % afin d’alimenter la CGT le CE de ces entreprises quasi publiques. 1 % du chiffre d’affaire, c’est 8 % de la masse salariale (et, parait-il, 14 % de la masse salariale de GdF).

Riche d’un budget annuel de 500 millions d’euros (merci aux clients d’EdF), ce CE emploie lui-même 3.900 salariés (et plus de 2.000 vacataires exploités dont le CE a tendance à abuser selon les rapports; les nombreux contentieux devant les prud’hommes coûtent cher : 972.939 euros entre 1999 et 2004, auxquels il faut ajouter les réintégrations forcées). et dispose de son propre CE. Malgré ces chiffres faramineux ponctionnés sur notre dos, il est en déficit de 70 millions d’euros en 2010, au terme d’une « description clinique d’une institution livrée à elle même, sapée par les gaspillages et les dysfonctionnements en tout genre » selon les Echos. La Cour des Comptes envoie régulièrement des alertes concernant les absences de documents comptables consolidés, les coûts de fonctionnement excessifs, les irrégularités dans les comptes de l’Institut de formation des personnels des industries électriques et gazières (Iforep), qui reçoit 10 millions d’euros de budget par an pour enregistrer et à diffuser » gracieusement les spectacles produits lors de la fête de l’Huma… Les mutuelles du groupe sont déficitaires alors que la CGT leur prélève presque un quart du budget pour « frais de fonctionnement » (il faut bien les payer, les cars et les banderoles des manifs) La Cour des Compte, sans pouvoir réel en France, n’ose pas aller plus loin, préférant laisser cette aventure à un hypothétique magistrat suicidaire courageux.

En attendant, année après année, ce montant considérable permet à la CGT d’offrir aux salariés d’EdF des avantages dodus, mais surtout de les chaperonner, de maintenir une influence déterminante sur eux en encadrant leurs loisirs et de leurs vacances. Quand on est biberonné toute l’année par un syndicat aussi engagé idéologiquement que la CGT, aussi habitué à former ses militants et à diffuser ses idées, comment imaginer un impact nul sur l’opinion des salariés de la firme ?

Meuh non, rétorqueront les grands naïfs encore convaincus qu’un syndicat travaille pour le bien collectif. Mais ce qui est pire, c’est que ce CE ne fait pas que jouer au monopoly pour le bien-être des salariés d’EdF. Dans un passé récent, plusieurs affaires ont montré que l’argent du CE finançait aussi l’action militante anticapitaliste de la CGT. Début des années 2000, rappelez-vous le scandale découvert par le directeur de la CCAS, Jean-Claude Laroche. Il avait découvert et transmis à la justice des faits inquiétants : comptes falsifiés, salariés absents (militants sur le terrain ?), prestataires surpayés comme Idélia (location des véhicules saisonniers) et Chronofeu (extincteurs) et achats contradictoires avec l’objet du CE comme 77.000 CD d’un groupe ouvertement d’extrême gauche (Sergent Garcia). Pour les faire diffuser dans l’Huma-Hebdo, dans un intérêt évident pour les salariés du CE. En fait, ce CE faisait vivre un pan entier de la CGT, et cela n’a pas dû beaucoup changer car il ne semble pas que les auteurs de ces agissements apparemment délictueux n’aient pas été sanctionnés depuis le dépôt de la plainte en 2004.

Nous aimerions tous aussi connaître la destination précise des 22 millions d’euros dépensés récemment en études et conseils. Ainsi que l’usage de ces comptes parallèles « contraires aux dispositions statutaires » du CE mis en place avec 5 millions versés ici, 18 millions là, sans publication ni contrôle. Leur but, c’est de financer des caisses locales déficitaires « sans conditions ou sur des critères qui découlent de l’appréciation politique et syndicale de la situation locale, ces avances sont une prime à la mauvaise gestion des dépenses de personnel ». En gros, les bons militants qui sont mauvais gestionnaires. Mais elle permet aussi « d’attribuer un complément de rémunération sous forme d’aide aux vacances pour les salariés grévistes du début de l’année 2008 ». « L’incitation au soutien à des mouvements syndicaux ne fait pas partie de l’objet social de la CCAS et du comité de coordination », conclut pourtant la Cour des Comptes. Ah bon ?

Au ministère de l’Energie et du Développement durable, on temporise sans nier le problème : « Ce que décrit la Cour des comptes montre bien qu’il est urgent de remettre à plat tout le système ». Vite, une commission pour plancher sur la question d’ici fin 2012 ! Moi, je propose un grand coup de pied dans la fourmilière : aligement du CE sur tous les CE de France :  budget aux alentours de 1 % de la masse salariale, certification obligatoire par des commissaires aux comptes dans la plus totale transparence.

Article repris avec l’aimable autorisation de son auteur depuis http://aurel.hautetfort.com

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  1. Bonjour

    Je suis délégué CGT mais non dans le secteur d’EDF

    Ce n’est pas pour autant que je voulais botter en touches le dossieren disant simplement que je ne peux pas me prononcer sur l’affaire.

    Mais je voulais faire remarquer à l’auteur et aux lecteurs de ce blog que la CGT fait pâle figure à coté de L’UMP, des ministres de droite, des banques, des FAI, des armaturiers, des financiers etc dans la ligue d’abus de pouvoirs et de l’argent

    La vaste majorité de cégétistes que je connais travaillent pour le bien des salariés et le grand public.

    Est-ce qu’on peut dire le même pour les capitalistes liberaux?

    Bye

    A tel point

    1. J’allais répondre de façon plutôt sèche, mais finalement, ça ne servirait à rien puisque vous croyez ce que vous écrivez. Vous êtes le gentil bourgmestre qui distribue les graines du méchant paysan en période de famine. Seul problème, ces graines étaient destinées à être plantées l’année suivante.

      Tant que vous ne comprendrez pas qu’à long terme votre action est néfaste pour ceux-là mêmes que vous pensez aider, vous continuerez à faire partie du problème, bien intentionné ou non.

  2. Je félicite Aurélien pour son post.
    A Dave Neve, 70 millions d’euros c’est petit joueur, oui , ce n’est pas une raison pour s’asseoir dessus. Ce sont 70 millions que le contribuable parfois la corde au cou ne pourra pas bénéficier pour ses projets personnels, tu me diras 1 euro par personne c’est rien, mais ajoutés à toutes les administrations de France et de Navarre ça fait très cher.
    Tout ceci n’exonère pas la CGT de ses responsabilités, CGT qui profite déjà de son monopole légal et des obligations de compter sur les syndicats dans les négociations collectives pour manipuler 500 millions rien que chez EDF, qu’est-ce que ça serait si on enquêtait vraiment dans toutes les grandes entreprises.

  3. Dave Neve, l’UMP est aussi opaque que la CGT. Et en toute transparence, elle et les responsables PS ont décidé il y a quelques années que leurs deux partis s’octroieraient 300 millions d’euros de notre argent de contribuables sans notre avis sur la mandature actuelle. Ca vous fait mal ? Moi aussi.

    Mais l-dessus, la CGT, Fo et la CFDT se goinfrent eux aussi avec ces centaines de millions de contribuables captifs qui n’ont aucune envie de soutenir leur action, c’est à dire environ 95 % des salariés du secteur privé qui ne sont pas adhérents, et 99 % des Français dans leur ensemble.

    Ce racket des grands partis et des grands syndicats fait doublement mal au coeur.

    Les libéraux capitalistes aimeraient déjà que l’UMP et la CGT se financent sur leurs seuls membres et basta. Ca nous apporterait un peu de pouvoir d’achat et beaucoup moins d’emmerdements.

  4. @Dave Neve

    Pourquoi vous comparez-vous aux plus nuls et non pas aux meilleurs ? C'est évidemment plus facile comme cela et évite de se remettre en questtion.

    Quant à assimiler UMP et Libéraux, vous y aller bien fort, depuis quand nos socialistes de droite sont-ils des libéraux ???