Les privilèges des ex-ministres, secret défense

Publié Par Alexis Vintray, le dans Politique

Confisquée, la belle Peugeot 607 de Rachida Dati. Réaffectés, le chauffeur et les quatre gardes du corps qui veillaient au bien-être et à la sécurité de l’ex-garde des Sceaux. La polémique de la semaine appelle une question : qui peut bénéficier de ces avantages après avoir quitté le pouvoir ? Pour des « raisons de sécurité », le ministère de l’Intérieur refuse de répondre.

Comme l’a révélé Le Canard Enchaîné, Rachida Dati a perdu ces avantages sur demande du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, le soir du premier tour des régionales. Motif : Nicolas Sarkozy la soupçonnerait d’être à l’origine de rumeurs sur sa vie privée.

Deux jours de coups de fils à deux services de presse et quatre interlocuteurs différents n’y auront pas suffi, ma question sur les règles en vigueur n’a pas encore reçu de réponse. Elle n’est pourtant pas dérangeante : quels sont les textes (lois, décrets, arrêtés, règlements, circulaires ou autres) qui régissent les avantages alloués aux anciens ministres, Premiers ministres ou présidents de la République ?

Silence, « le contexte est un peu particulier »

Aux dernières nouvelles, ma demande est arrivée au service juridique de la place Beauvau, qui n’a pas encore pu y répondre. Voilà pour la réponse d’un interlocuteur. Selon un autre, rien ne peut être dit au public en raison de Vigipirate :

« Le contexte est un peu particulier en ce moment. On ne peut pas vous répondre pour des raisons de sécurité. »

[..]

Selon René Dosière, les seuls anciens responsables à bénéficier d’avantages réglementés sont les anciens présidents de la République, « depuis une lettre de février 1985 rédigée par Michel Charasse et signée par le Premier ministre Laurent Fabius ». Le contenu de cette lettre n’est pas public.

Sinon, d’après lui, seuls les ex-Premiers ministres et ministres de l’Intérieur ont droit à un chauffeur et à une protection à vie. Non pas parce qu’une loi l’a décidé, mais « en raison d’une tolérance ».

Rien n’autorise d’autres ex-ministres à rouler aux frais du contribuable. « Il y a comme ça des situations qui sont monarchiques », commente le député. « Je vais interroger le gouvernement à ce sujet. »

En se promenant dans Paris, un observateur avisé peut constater que deux policiers sont plantés en permanence devant le domicile de Jacques Chirac, et un seul devant celui d’Edouard Balladur. Ce qui donnerait une idée des règles et du coût de protection de ces personnalités. Si seulement le ministère de l’Intérieur acceptait de communiquer…

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